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Résumé de la conférence du 22 octobre 2007 sur le séparatisme en Belgique

Ce lundi 22 octobre était organisée par Comac une conférence sur le séparatisme en Belgique. Les deux intervenants qui ont animé cette conférence étaient Jean Pirotte, professeur émérite de l’UCL en histoire contemporaine et spécialiste du séparatisme ainsi que Herwig Lerouge, rédacteur en chef de la revue « Etudes marxistes » et spécialiste de l’extrême-droite néerlandophone.

 

Le premier intervenant, Jean Pirotte, a divisé son exposé en deux parties: un premier volet sur l’histoire de la Belgique pour mieux comprendre la situation actuelle et un deuxième volet où il a énuméré ses « considérations citoyennes sur l’Avenir. »

Tout d’abord, il a expliqué la naissance du nationalisme en Belgique. Les grands nationalismes européens sont nés au XIX° siècle et le nationalisme flamand a également émergé à cette époque. Ceux-ci sont exacerbés durant la Première Guerre Mondiale. Lors de la création de la Belgique, peu de gens croyaient à sa viabilité. Durant ce XIX° siècle, la Belgique est fortement influencée par le romantisme.

Le courant flamand est lui aussi apparu durant le XIX° siècle. Il va exalter la Flandres. Celle-ci est en pleine crise économique et les Flamands se réfugient en Wallonie pour trouver du travail. La Flandres subit aussi un sentiment d’infériorité culturelle (ils doivent apprendre le français comme le fait la bourgeoisie) et d’infériorité politique (la démocratie est incomplète: régime censitaire où les élus parlent tous français). A ce moment, l’idée qui est majoritaire est de créer un pays francophone.

En 1840 est organisé un pétitionnement pour promouvoir le Flamand comme langue. Cette pétition n’entraine que du mépris chez les bourgeois mais beaucoup d’estime chez les romantiques.

Par après, les deux guerres vont enflammer le nationalisme flamand: les collaborations avec les Allemands sont assez fréquentes en Flandres et les Flamands vont être favorisés par les Allemands durant la première guerre. Le fascisme (culturel, puis politique et économique) va influencer le mouvement Flamand.

Aujourd’hui, la Flandres est une région riche et prospère, bien plus que la Wallonie.

En ce qui concerne la Wallonie, elle était le moteur de l’économie belge au XIX° siècle. Le premier mouvement wallon défend l’idée d’une Belgique unie et l’obtention d’une capacité décisionnelle économique.

Depuis les années 60, la Belgique est passée d’un Etat unitaire à un Etat fédéral. La frontière linguistique a aussi été fixée définitivement. Il y a une opposition entre les mouvements de gauche et de droite, plus nostalgique.

Jean Pirotte termine son exposé par ses « considérations citoyennes ». Selon lui, la Belgique ne va pas se séparer tout de suite mais elle va subir de gros changements qui sont nécessaires pour sa survie. Il avance quelques arguements:

  1. Le mouvement flamand ne va pas s’arrêter de sitôt, il s’est amplifié sans cesse.

  2. La Belgique va continuer mais en se vidant de sa substance. Les 2 communautés vont continuer à s’ignorer. Le mal-être n’est pas que linguistique, il est plus profond. Le pays a toujours privilégié une culture du compromis. ==> séparation de biens.

  3. Et les Wallons? Et les Bruxellois? A droite, il y a un patriotisme nostalgique et à gauche, beaucoup se centrent sur la solidarité sociale. Personne n’a intérêt à humilier les Flamands et à s’opposer à eux. Les Wallons et les Bruxellois devraient plutôt renforcer leur cohésion interne car la Belgique unie ne verra jamais le jour…

 

Ensuite, Herwig Lerouge prend la parole en expliquant qu’il est « un vrai Belge » (né en Flandres mais habitant en Wallonie depuis des années). Il est bilingue et ses enfants aussi. Il fait partie des descendants des Flamands venus s’installer en Wallonie pour avoir une vie meilleure. Il est très attaché à la Belgique (« un état où il y a des millions de liens qui relient les gens entre eux… »).

Selon lui, derrière la réforme de l’Etat, il y a un agenda néo-libéral caché: le but est de diviser le monde ouvrier, ce qui va à contre-sens de l’Histoire. Les grandes multinationales jouent surtout sur la différence entre les salaires, les conditions de travail,…

Il est donc important de maintenir la solidarité entre les deux régions et communautés. Mais la menace de séparation est bien réelle.

Il expose ensuite différentes théories:

  1. Le fédéralisme pousse à la séparation (plus de politique fédérale)

  2. Avec la création des communautés, les Flamands et les Wallons ne regardent plus le même JT; il y a une séparation linguistique de la presse et donc un climat politique et culturel différent.

  3. Il y a une volonté d’une partie du monde politique Flamand d’obtenir de + en + de compétences pour le Gouvernement Flamand uniquement. Par exemple, contrôler les dépenses de la sécurité sociale.

Il évoque ensuite la presse en expliquant que tous les journaux flamands appartiennent à un groupe unique (excepté « De Morgen), ce qui entraine la diffusion d’une seule opinion politique. On peut donc interpréter de la même manière les 800 000 voix de Leterme: seule une partie du pays a pu voter pour cet homme, cela ne reflète pas l’avis général de toute la population et de plus, le syndicat chrétien flamand incite les Flamands à voter pour le CD&V.

La situation politique en Flandres il y a quelques années était bien différente de maintenant. Il y avait 2 partis séparatistes majoritaires: la Volksunie et le Vlaams Blokk (aujourd’hui: Vlaams Belang). La Volksunie était composée de 3 partis: Spirit (+ Spa) de gauche, la NVA (à droite, les + durs) et le VLD (libéraux).

Aux élections de juin, le CD&V s’est associé à la NVA pour avoir une majorité. Ces 3 morceaux de la Volksunie influencent fortement le monde politique Flamand.

Herwig Lerouge termine son discours en expliquant l’importance de mener une campagne CONTRE les tendances séparatistes. 2 arguments pour cela:

  • Les transferts

  • Les compétences homogènes: selon la NVA, l’éparpillement des compétences est nuisible à une bonne gestion. C’est pourquoi il faut les réunir au sein d’un seul pouvoir => régionalisation

Ces arguments sont utilisés pour mener une autre politique (Voka, VDAP( forem flamand),…). ==> plus du tout de solidarité…

Personne n’a un avantage à ce que la Belgique se sépare, il faut s’opposer à cette idée. C’est pourquoi Herwig Lerouge insiste pour participer à la campagne « Sauvons la solidarité »

 

Pour terminer cette conférence, un débat entre le public et les intervenants a eu lieu. Plusieurs questions ont été posées, notamment sur l’avenir et les enjeux de BHV, sur la possibilité d’un référendum, sur l’utilisation de l’Histoire par la presse,… Les avis des intervenants étaient en opposition sur certains points mais ont permis de donner plus d’information sur la situation actuelle de notre pays qui est encore le nôtre…

 

A noter, le succès de cette conférence: 132 entrées (sans compter les membres!). Ce qui prouve bien que beaucoup de Belges sont préoccupés par la situation de leur pays!

3 Responses to “Résumé de la conférence du 22 octobre 2007 sur le séparatisme en Belgique”

  1. Commentaire par Benjamin Pestieau BELGIUM — 8 novembre 2007 @ 12:59

    ET c’est quand qu’on a droit aux photos de cette réussite?

    Bon boulot à tou/te/s!

    Benjxxx

  2. Commentaire par Jean-Pierre Lemaitre BELGIUM — 12 novembre 2007 @ 18:21

    Le texte original de Jean Pirotte que j’avais déposé ici et qui a été retiré (censure ?) se trouve maintenant sur

    http://fr.groups.yahoo.com/group/fondation_wallonne/message/124

    Franchement il est bien meilleur que le résumer de que vous avez mis à la place.

    S’il en est de même pour Herwig Lerouge, cela vaudrait la peine d’avoir ses notes originales.

    Jean-Pierre Lemaitre

  3. Commentaire par Antoine BELGIUM — 16 novembre 2007 @ 18:39

    Votre commentaire n’a pas été censuré. Il a été fait sur l’autre post
    Conférence : “Pourquoi le séparatisme? A qui profite la scission?”

    Bien à vous

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